Ensemble avec les membres des sociétés spécialisées nationales et internationales, la plateforme promeut les échanges d’expertises et le soutien à la relève dans les différents domaines de la Chimie.en plus

Image : Cavan Images, stock.adobe.comen plus

L’Université de Zurich a ouvert la voie aux premières docteures en chimie

L’Université de Zurich a été la première haute école d’Europe à autoriser les femmes à étudier, puis la première au monde à délivrer le titre de docteure en chimie à une femme. L’Académie suisse des sciences naturelles décerne un Chemical Landmark à l’institution, récompensant ainsi le rôle emblématique qu’elle a joué dans l’histoire de la chimie.

Des pionnières à l’Université de Zurich : les premières docteures en chimie au monde.
Des pionnières à l’Université de Zurich : les premières docteures en chimie au monde.
Des pionnières à l’Université de Zurich : les premières docteures en chimie au monde.Image : Gregor Forster / Monique Borer
Image : Gregor Forster / Monique Borer

C’est à la Rämistrasse 59, où se trouve aujourd’hui l’institut Asie-Orient de l’Université de Zurich, qu’une page de l’histoire des sciences s’est écrite. Il y a plus de 150 ans, Lydia Sesemann y a étudié les propriétés chimiques de l’acide acétique dibenzylique dans le laboratoire de chimie situé dans les sous-sols de l’ancienne école cantonale, découvrant un nouveau procédé de fabrication de l’acide o-toluique. Ces deux acides sont des matières premières importantes pour la fabrication de médicaments. Le 15 mai 1874, la « haute faculté de philosophie » de l’Université de Zurich a délivré le titre de docteure à la chimiste. Celle que ses contemporains et contemporaines surnommaient la « brillante Finlandaise » a été la première femme au monde à obtenir un doctorat en chimie.

Entre sciences et révolution

L’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) décerne le Chemical Landmark à l’Université de Zurich en reconnaissance du rôle précurseur qu’elle a joué pour les premières docteures en chimie. Ce prix récompense les sites suisses emblématiques de l’histoire de la chimie.

Lydia Sesemann ne fut pas la seule pionnière. À cette époque, l’université attirait des femmes chimistes du monde entier. Ces femmes, qui s’étaient vu refuser l’accès à une carrière universitaire ailleurs, pouvaient assouvir leur soif de connaissances ici. À Zurich, Rachel Lloyd a ainsi été la première Américaine à obtenir un doctorat en 1886, suivie par la première Allemande Olga Wohlbrück en 1887, la première Néerlandaise Geertruida W. P. van Maarseveen en 1897 et la première Britannique Edith E. Humphrey en 1901.

Dans beaucoup de pays, les femmes avaient l’interdiction de voyager sans l’autorisation de leur père ou de leur époux. Pour pouvoir étudier en Suisse, beaucoup se sont mariées à la hâte ou ont dû faire appel à une union de complaisance. De nombreuses étudiantes venaient de l’Empire russe, alors en plein bouleversement social. Les femmes étaient souvent engagées politiquement et en contact avec des cercles révolutionnaires à Zurich. En 1873, un décret émanant du Tsar a interdit aux femmes russes d’étudier à Zurich. La plupart ont alors quitté la ville, mais Lydia Sesemann, dont le pays faisait autrefois partie de l’Empire russe, est restée et y a achevé son doctorat. L’un de ses directeurs de thèse a même déclaré que son mémoire était incontestable­ment l’un des meilleurs travaux de recherche de la faculté.

Très peu de Suissesses

Tandis que l’Université de Zurich et d’autres hautes écoles suisses ouvraient leurs portes aux étudiantes étrangères, les Suissesses en sont restées largement exclues. La maturité était en effet obligatoire pour pouvoir étudier, mais les filles n’étaient pas autorisées à aller au lycée/collège. Pour entrer à l’université, elles devaient donc d’abord fréquenter des cours privés onéreux et passer un examen d’admission supplémentaire.

L’Université de Zurich a joué un rôle précurseur en ouvrant la porte des sciences et de la formation tertiaire aux femmes. Mais malgré cela, la mise en place de mesures de promotion ciblées est encore nécessaire aujourd’hui pour qu’une répartition équitable des genres soit atteinte en Suisse. Les initiatives fructueuses menées dans des instituts de recherche européens peuvent servir de modèle.

  • Lydia Sesemann a écrit sa thèse à Zurich, dans les sous-sols de l’ancienne école cantonale située à la Rämistrasse 59 à Zurich.
  • Lydia Sesemann, la toute première docteure en chimie au monde.
  • Lydia Sesemann
  • Rachel Lloyd
  • Geertruida W. P. van Maarseveen
  • Edith E. Humphrey
  • Lydia Sesemann a écrit sa thèse à Zurich, dans les sous-sols de l’ancienne école cantonale située à la Rämistrasse 59 à Zurich.Image : Hofer & Co. Zürich1/6
  • Lydia Sesemann, la toute première docteure en chimie au monde.Image : Åbo Akademi, Félix Nadar2/6
  • Lydia SesemannImage : Gregor Forster3/6
  • Rachel LloydImage : Gregor Forster4/6
  • Geertruida W. P. van MaarseveenImage : Gregor Forster5/6
  • Edith E. HumphreyImage : Gregor Forster6/6
  • Lydia Sesemann a écrit sa thèse à Zurich, dans les sous-sols de l’ancienne école cantonale située à la Rämistrasse 59 à Zurich.
  • Lydia Sesemann, la toute première docteure en chimie au monde.
  • Lydia Sesemann
  • Rachel Lloyd
  • Geertruida W. P. van Maarseveen
  • Edith E. Humphrey
Lydia Sesemann a écrit sa thèse à Zurich, dans les sous-sols de l’ancienne école cantonale située à la Rämistrasse 59 à Zurich.Image : Hofer & Co. Zürich1/6
Chemical Landmark GedenktafelCharger le contenu de Youtube LLC (Google LLC)
The Swiss Academy of Sciences has honoured the University of Zurich with a Chemical Landmark award as a significant historic site for chemistry. UZH was the global pioneer for the first female doctors of chemistry.Image : Andres Jordi (SCNAT)

Catégories

Contact

Dr. Leo Merz
SCNAT
Plateforme Chimie
Maison des Académies
Case postale
3001 Berne